Au cours de cette semaine, j’ai collectionné plein de petites choses que je voulais partager avec vous :

🔭 Dans sa newsletter “Craft Talk” dont j’ai déjà plusieurs fois parlé, Jami Attenberg nous parle cette fois de “the art of noticing”, l’art de remarquer – ce qui m’a fait penser à cet article posté il y a quelques semaines. Elle recommande le livre et la newsletter de son ami Rob Walker, qui tous les deux regorgent de conseils et d’idées pour entraîner son esprit d’observation. Je n’ai pas (encore) acheté le livre mais je me suis abonnée à la newsletter. Peut-être qu’elle intéressera aussi les anglophones parmi vous !

💌 Sur un thème proche, deux jolies citations que je dois à mon amie illustratrice Florence Mahon de Monaghan (celle qui a fait les beaux dessins pour les exercices décriture) :

“Il faut commencer par éprouver ce quon veut exprimer.” Vincent Van Gogh
Moi, cest mon corps qui pense. Il est plus intelligent que mon cerveau. Il ressent plus finement, plus complètement que mon cerveau. Toute ma peau a une âme.” Colette

C’est avec le corps que l’on remarque, que l’on éprouve ; avec les yeux mais aussi tout le reste. C’est par là que ça commence, d’écrire. Et comme jen parlais ici, si vous voulez faire de vos personnages de vraies personnes, il est important de savoir ce qu’ils et elles ressentent physiquement. De comprendre l’intelligence de leur peau.

🙏 Mon amie Patrycja Barczyńska, bibliothécaire et écrivaine, m’a envoyé ce très bel article de l’autrice américaine Sheila Heti (dont j’ai découvert le travail l’an dernier grâce à une autre amie écrivaine, Delphine de Stoutz, ce qui me semble fort à propos). Dans l’article, Sheila Heti parle de l’importance de trouver nos premiers lecteurs, celles et ceux à qui on envoie nos brouillons, nos scènes bancales, nos idées pas tout à fait formées, et qui nous aident à rendre le texte aussi bien qu’il peut l’être. J’ai déjà écrit sur ce sujet ici. Sheila Heti, elle, dit :

“On a toujours cette idée que l’art est fait par l’artiste seul.e mais, de ce que j’ai pu voir, il est toujours fait par une communauté de pairs (...).”
“L’art se fait dans l’espace entre l’artiste et les premiers lecteurs qu’il ou elle choisit, un espace rempli d’amour, du plaisir de résoudre un puzzle ensemble avec attention, et la compréhension que si une personne aide l’autre maintenant, c’est l’autre qui l’aidera plus tard. (...) Ceux-là sont les lecteurs et lectrices dont le monde ne parle jamais mais qui, pour moi, sont les plus important.e.s.”

Elle raconte que Virginia Woolf aussi avait ce genre de personnes dans sa vie. “Je n’ai jamais rencontré d’écrivain.e ou d'artiste pour qui ce ne soit pas le cas.”

💫 Patrycja m’a aussi envoyé un article dans lequel l’auteur Chris Power parle de ses influences littéraires inconscientes, et en particulier de l’autrice canadienne Alice Munro qu’il aurait plagiée sans s’en rendre compte. Il y a plein d’idées super dans ce texte, mais Chris Power s’y interroge surtout sur le fait que personne n’écrit dans le vide, que notre travail répond toujours, d’une manière ou d’une autre, à celui des autres. En tant qu’écrivains, est-ce que nous cherchons à réinventer le monde avec chaque histoire, roman ou poème que nous écrivons ? Ou est-ce que nous ajoutons notre petite marque aux millions de marques qui ont été faites avant nous ?” La semaine dernière, je me suis rendue compte que mon amie Sylee Gore (oui, j’ai la chance d’avoir beaucoup d’amies qui écrivent, grâce aux cours que je suis) et moi écrivions des romans extrêmement différents mais à peu près exactement sur le même thème. On partage ce qu’on lit et ce qu’on pense et ça nous fait chacune avancer dans la direction qui est la nôtre.

✍️ ✍️  Écrire ensemble

J’observe que toutes ces choses que j’ai collectionnées cette semaine, soit je les dois à mes amies, soit elles parlent de ce qu’on doit aux autres auteurs et autrices. Elles parlent, directement ou indirectement, de ces liens que nous tissons, celles et ceux qui écrivent, celles et ceux que cette étrange entreprise obsède.

J’espère que cette newsletter peut jouer un peu de ce rôle-là pour vous. C’est aussi pour ça que je voudrais dorénavant vous proposer deux modes d’écriture et de discussion, à distance mais ensemble :

  • des sprints d’écriture : on se retrouve à une heure dite sur un groupe WhatsApp et on écrit ensemble pendant un moment. Pas de caméra, pas même besoin d’ordinateur ! Mais un espace où on n’est pas seul.e pour écrire, et où on peut parler de ce qu’on est en train de faire.
  • des workshops : ce que les anglo-saxons appellent workshops (ateliers), ce sont des réunions lors desquelles on lit le texte les uns des autres, et on se fait des critiques bienveillantes et constructives. Je ne répèterai pas encore une fois à quel point cette pratique m’est devenue indispensable dans mon travail ;) “Workshopper” un texte, ça s’apprend, et je vous propose d’apprendre à le faire ensemble, avec vos propres travaux.

Si vous êtes intéressé.e par l’un ou l’autre de ces formats (ou les deux), écrivez-moi pour vous inscrire à newsletterlesecritures@gmail.com !

Ces sessions sont incluses dans l’abonnement payant aux Écritures (5€ par mois ou 50€ pour un an). Si vous n’êtes pas encore membre, vous pouvez le devenir en vous connectant sur le site des Écritures et en suivant les étapes dans la rubrique “Mon Compte”.

🏗️ Par ailleurs, les membres recevront très bientôt un article qui prolonge celui sur les architectes et les jardiniers : comment trouver sa méthode de planification de l’histoire, en fonction de l’écrivain.e qu’on est.

Quant à moi, j’ai hâte de vous lire !